Des âmes simples de Pierre Adrian

desamessimples_5« Ce qui repousse les caméras m’attire. Ceux qui trébuchent, ceux qu’on ne voit pas. J’aime le fond de la classe. Le saccage et le sursaut, la poudrière, le foutoir, la beauté, les rêveurs : tout est au fond, chez les invisibles. Au fond des vallées.  » 

Le narrateur de ce livre est un jeune parisien de vingt-quatre ans dont on ne connait pas le nom (l’auteur lui-même peut-être?). Il retourne dans la vallée d’Aspe ou cette fois-ci il compte rester un moment jusqu’à Noël au sein du monastère de Sarrance. Il suit la vie et le quotidien du curé de cette vallée. Depuis cinquante ans le frère Pierre est au centre de la vie des habitants, du baptême à la mort.

Le frère Pierre recueillie la joie, le désespoir, les tragédies de ces vies qu’il côtoie. L’auteur arrive à capturer le quotidien, les doutes et la foi de ce prêtre mais aussi il livre une vision de l’Église d’aujourd’hui criante de vérité. Le reflet d’une foi qui peine a envahir le cœur des hommes, des églises qui se vident. Il y a un passage dans le livre qui m’a énormément marquée et émue : le vieux prêtre Albert qui se prépare à célébrer l’office, seul, sans aucun fidèle qui y assiste. Ce passage est magnifique.

En lisant ce livre j’avais l’impression de vivre au milieu de ses montagnes pyrénéennes, je contemplais la beauté de ses sommets mais aussi son silence en comparaison des tourments que connaissent en contrebas les hommes sur la terre. C’est ce que Pierre Adrian arrive à lier dans ce livre, la beauté de la Nature à la violence des Hommes et de notre société. Il arrive à mêler le désespoir, la souffrance de différentes vies et la joie et l’espérance de la Nature et de la foi du frère Pierre.

Avec un style d’écriture vif, percutant et touchant l’auteur touche à plusieurs sujets de société : les différences entre la vie en ville et à la montagne, notre société de consommation, la destruction de la nature au prix de stations de ski. J’ai aussi appris des choses sur cette région notamment l’histoire de la ligne de train qui reliait Pau à Canfranc, je n’en avais jamais entendu parlé. Je n’habite pas très loin et maintenant j’aimerai emprunter cette ligne qui a été remis en ligne jusqu’à Bedos.

Par ailleurs, la façon dont il décrit et présente différentes vignettes de vies dans son livre que ce soit les habitants de la vallée ou les personnes de passage au monastère c’est à la fois mélancolique et beau. J’ai eu l’occasion de faire plusieurs pèlerinages et retraites dans des monastères et Pierre Adrian réussit à capter ces moments ou on partage sa vie avec des personnes totalement différentes. Des moments puissants passés au contact d’un homme de foi comme c’est ici le cas avec le Frère Pierre et le vieux prêtre à la retraite Albert, des moments simples mais qui marquent le cœur a tout jamais.

Des âmes simples sort demain, le 5 janvier 2017 aux éditions des Équateurs.

Ce livre est d’une beauté rare et j’ai l’impression que sa lecture a été un cadeau. Je lirai avec plaisir les prochains livres de Pierre Adrian !

« Rejeter l’esprit de ce monde, c’est savoir le contempler. A l’ombre d’une chapelle, sous les coupoles d’ardoise d’une église en pays de montagne. Sur les chemins où la nature est reine à l’aube, dans les râles de la première lumière. Après tout, nous sommes tous des âmes simples et perdues. Des hères qui rôdaillent en fond de vallée, incapables à la hauteur. Faibles à l’espérance. « 

editiondesequateurs

Publicités

Une réflexion sur “Des âmes simples de Pierre Adrian

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s