Un bûcher sous la neige de Susan Fletcher

51i8xafk59l-_sx331_bo1204203200_Comment trouver les mots pour vous parler de ce livre unique, sublime, qui a marqué mon cœur…

Charles Leslie un pasteur irlandais, fervent jacobite, est en route pour la vallée de Glen Coe en Écosse quelques jours après avoir entendu parlé du massacre du clan MacDonald qui a eu lieu le 13 février 1692 perpétré par des soldats anglais qui étaient leurs invités pendant plusieurs jours. Il se retrouve stoppé par la neige dans la ville d’Inverary . Dans cette même ville une jeune femme est emprisonnée et accusée de sorcellerie. En apprenant que Corrag a assisté au massacre de Glencoe, Charles décidé d’aller la voir en prison pour tenter de glaner des informations sur ce massacre. Lorsqu’il lui rend visite Corrag accepte de lui révéler ce qu’elle a vu a condition qu’il accepte de l’écouter jusqu’au bout. A l’approche de la mort Corrag veut partager l’histoire de sa vie.

J’ai adoré la structure narrative de ce récit. D’une part, nous avons l’histoire très onirique de Corrag qu’elle raconte d’une façon très particulière. Le style d’écriture de l’auteure lorsqu’elle écrit du point de vue de Corrag est absolument magnifique, très poétique. D’autre part, nous avons une correspondance avec Charles. Son point de vue est retranscrit à travers les lettres qu’il envoie à sa femme restée en Irlande, il lui raconte ses entrevus avec Corrag. L’auteure propose donc deux styles d’écriture complètement différents dans ce livre et j’étais admirative ! Souvent dans les romans à double voix il y a toujours une narration que j’aime plus que l’autre mais ici ce n’étais pas le cas. J’aimais tout autant les deux.

Le développement du personnage de Charles est impressionnant mais crédible. Corrag change sa vision de la vie, elle change sa perception du monde, des gens et elle touche Charles comme elle nous touche nous lecteurs. Au début Charles est intolérant, influencé par des préceptes religieux, il juge Corrag, elle le dégoûte. Peu à peu, il dépasse cette image et on comprend lorsqu’il se confie dans ses lettres à sa femme qu’il réalise tout simplement en l’écoutant qu’elle est humaine et il tente de la comprendre. Les lettres de Charles justement m’ont également touchée car on ressens l’amour qu’il porte envers sa femme, ses enfants, Dieu. Cet amour et la beauté de cette famille est donc un total contraste avec le récit de Corrag, cette jeune femme seule, qui va bientôt mourir dans le dénuement et la cruauté la plus totale.

Corrag raconte donc l’histoire de sa vie, celle de sa mère, de sa propre naissance en Angleterre et de son périple qui l’a amené à s’installer dans la vallée de Glen Coe et a côtoyer les membres du clan MacDonald. Plongée dans un période historique tumultueuse pur l’Écosse, alors que les conflits entre les supporters du roi William et les Jacobites s’intensifient, Corrag ne vit pour aucun Dieu et aucun roi mais en union avec la nature et les éléments autour d’elle. Elle regarde la vie à travers des yeux à la fois plein de sagesse et d’innocence. Elle nous livre un message plein d’humanité. C’est un roman sur l’humain, sur ce qu’on pense être le bien et le mal, un roman qui nous apprend à ouvrir les yeux sur la nature, les petites choses de la vie, la bonté et la générosité entre les personnes, une réflexion sur la mort aussi. Que dire aussi de la romance qui m’a émue et qui est peut-être une des plus belles que j’ai pu lire.

J’ai vécu en Écosse pendant 5 mois et visité Glencoe à deux reprises (je vais intégrer quelques unes de mes photos à la fin de cet article prises en hiver et au printemps) j’étais donc particulièrement émue par la description de Corrag des paysages des Highlands. Corrag avec ses mots rend la nature vibrante, vivante. Lors de ma lecture j’avais l’impression de sentir le vent glacial des Highlands sur mon visage, je revoyais la beauté des lochs. Glencoe est un des endroits les plus beaux que j’ai pu voir jusqu’à présent et cette lecture fut très précieuse car j’ai eu l’impression d’y retourner quelques instants.

J’ai lu ce livre en format numérique et maintenant j’ai hâte d’acheter un exemplaire. J’ai encore besoin de réfléchir mais je pense quand même que ce livre va rejoindre l’étagère de mes livres préférés… Si vous voulez en savoir plus sur cette période de l’histoire de l’Écosse mais aussi découvrir un petit bijou de littérature à travers les yeux de Corrag et Charles je vous recommande vivement de lire ce livre !

The Highland Witch est publié en France sous le titre Un bûcher sous le neige aux éditions J’ai lu. Le titre original en anglais était Corrag.

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9 réflexions sur “Un bûcher sous la neige de Susan Fletcher

  1. La fameuse chronique que j’attendais ^^ Bon tu m’avais déjà convaincue de le lire si bien que j’attends que ma réservation à la médiathèque arrive enfin ! Mais cette chronique me fait encore plus trépigner d’impatience ! Je crois que c’est le genre de livre où je vais mettre là barre haut! Tous les ingrédients ont l’air d’être présents et généralement quand tu adores, j’aime aussi ^^
    Rolala tes photos me donnent tellement envie, l’histoire a dû vraiment raisonner en toi !

    Aimé par 1 personne

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