L’homme qui voyait à travers les visages d’Éric-Emmanuel Schmitt

visagesEric Emmanuel Schmitt est un de mes auteurs préférés mais dernièrement j’ai été déçue par ses publications notamment L’élixir d’amour et Les perroquets de la place d’Arezzo (à l’exception de La nuit de feu qui faisait partie de mes meilleures lectures de 2015). Pour ce nouveau livre publié à l’occasion de la rentrée littéraire 2016 mon avis est encore une fois mitigé.

L’homme qui voyait à travers les visages commence le jour d’un attentat à la sortie d’une église et Augustin, stagiaire pour un journal local, voit tout. Augustin à un don particulier :  » voir à travers les visages et percevoir autour de chacun les êtres minuscules – souvenirs, anges ou démons – qui le motivent ou le hantent ».

Avant de commencer ce livre j’avais entendu dire que l’auteur lui-même était un personnage. J’étais très sceptique et je pensais que ce serait l’élément que je n’allais pas du tout aimé et finalement c’est ce que j’ai le plus apprécié ! Si il n’y avait pas eu ces passages entre Schmitt et Augustin je n’aurai pas du tout aimé ce livre et je ne sais même pas si je l’aurai terminé.

J’étais quand même gênée de lire que le narrateur était un admirateur du grand écrivain Eric Emmanuel Schmitt. Est-ce de l’orgueil de la part de l’auteur? Je pense qu’il aurait pu nuancer l’enthousiaste d’Augustin lorsqu’il parlait de lui. Cependant, j’ai aimé ces passages qui donnent une vision intime d’un auteur que j’admire. J’ai aimé sa réflexion sur l’écriture, sur les morts connus ou historiques qui inspirent et participent à la création littéraire. En effet, lorsque Augustin rencontre Schmitt il le trouve entouré de Mozart, Diderot, Colette et des personnages qu’il a créé comme Oscar. J’ai trouvé ce passage si beau et émouvant surtout lorsque l’on connait les livres de Schmitt.

Je partage sa vision de la création littéraire et artistique. Il y a un passage que j’aimerai partager avec vous car c’est précisément ma vision de l’écriture :

« Je ne me suis jamais considérée comme un créateur, plutôt comme un scribe. Des idées, des détails, des émotions  m’envahissent sans que je saisisse d’où ils surgissent. […] Sais-tu comment j’appelle mon bureau ? J’ai composé le terme à partir de Flaubert qui nommait « gueuloir » la pièce où il ressassait cent fois ses textes à voix haute. Moi, je tends l’oreille dans mon « écoutoir ». »

Ce roman apporte une réflexion philosophie sur Dieu, les religions, sur la violence exercé au nom de Dieu, le terrorisme et l’apocalypse. Je n’étais pas du tout à l’aise en lisant le passage face à Dieu. Je trouvais l’écriture dans ce passage caricaturale et simpliste.  Par ailleurs, je trouve que toutes ces réflexions philosophiques ne nécessitaient pas d’être intégrées dans un cadre fictionnel, une histoire qui dans son ensemble me semble sans intérêt. Je n’avais pas envie de suivre Augustin et d’en savoir plus sur lui. Je n’ai pas retrouvé dans ce livre le style d’écriture de Schmitt que j’aime tant.

J’ai lu ce livre le jour des attaques à Londres, le terrorisme étant une des réflexions principales du livre j’avais du mal à poursuivre ma lecture ce jour-là et je l’ai terminé difficilement et sans enthousiasme.

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