Marie-Louise d’Autriche, seconde épouse de Napoléon

marie louise

Marie-Louis d’Autriche : nièce de Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche, seconde épouse de Napoléon Bonaparte, impératrice de France, reine d’Italie et mère du roi de Rome, duchesse de Parme.

J’étais curieuse de découvrir sa vie car c’est un des personnages les plus vilipendés de l’histoire du premier Empire. C’est une femme qui a été détestée, critiquée, elle est représentée comme l’incarnation de l’épouse déloyale qui a abandonné Napoléon,  la complice de l’Autriche. J’ai découvert grâce à Charles-Éloi Vial le destin hors du commun de Marie-Louise d’Autriche.

Adieux_de_Marie-Louise_à_sa_familleAdieux de Marie-Louise à sa famille, Pauline Auzou

Marie-Louise est la fille aînée de l’empereur François Ier d’Autriche. En 1810 elle est donnée en mariage à Napoléon Bonaparte (elle a 18 ans et lui 41 ans) qui vient de  divorcer de sa première épouse Joséphine car elle ne lui a pas donné d’héritier. Marie-Louise doit quitter son pays et rejoindre la France et cet homme qu’elle a haï durant toute son enfance. En effet, Napoléon est l’ennemi de son pays, un homme qu’elle considérait comme l’Antéchrist et qu’elle appelait « l’ogre corse ». Il a envahi son pays et contraint la famille impériale à fuire Vienne à deux reprises en 1805 et 1809. Plusieurs membres de sa famille ont été touchés par les conquêtes de Napoléon : sa grand-mère chassée de son trôle du royaume de Naples, son oncle Ferdinand ancien souverain de Toscane également détrôné par Napoléon. Cependant, Napoléon tombe très vite amoureux de Marie-Louise qu’il considère comme l’épouse idéale.

« Deux parfaits inconnus, issus de nations séparées par une histoire sanglante et temporairement rapprochées par le hasard des traités, avaient fini par s’entendre jusqu’à parvenir à construire une vie conjugale empreinte d’affection, sinon d’amour. »

vers29_menjaud_001fNapoléon, Marie-Louise et leur fils, Alexandre Menjaud

Durant quatre années elle est impératrice de France et donne à Napoléon l’héritier tant attendu le 20 mars 1811, l’Aiglon, Napoléon François Charles Joseph Bonaparte. Alors que le conflit avec la Russie prend de l’ampleur, Napoléon confie à Marie-Louise la régence (elle a seulement 21 ans) ce qui lui permet d’être représenté légalement à Paris. Peu à peu la Prusse, la Suède et l’Autriche se rallient à la Russie. Marie-Louise doit maintenant considérer son père et son pays natal comme des ennemis.

« Je porte le malheur partout où je suis ! Tout ce qui m’a approchée en a été plus ou moins frappé et, depuis mon enfance, j’ai passé ma vie à fuir constamment de chez moi. »

Elle voit son destin basculer avec la chute de l’Empire et l’abdication de son mari. Toute la dynastie Bonaparte est désormais exclue du trôle. On accorde à Napoléon la souveraineté de l’île d’Elbe. J’ai été frappée et touchée par sa force et son courage car à cette période elle tente quand même de s’accrocher au pouvoir et de défendre les intérêts de son fils. En effet, elle assure toujours la régence durant la période des Cents Jours !

« Toute sa vie, elle fut accusée de légèreté et d’égoïsme en France, alors qu’elle avait simplement eu le courage de prendre, en toute liberté, une décision qui devait l’engager pour le reste de son existence. »

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Charles-Éloi Vial avec cette biographie dévoile une vision intime et plus compréhensible de Marie-Louise. Cette image de l’épouse déloyale qui a abandonné Napoléon est injuste. J’ai découvert qu’au début elle s’inquiétait pour lui et souhaitait sincèrement rester auprès de lui. Cependant, elle retourne en Autriche et sa famille la retient et va fortement l’influencer (elle apprendra notamment que Napoléon a entretenu des relations adultères sur l’île d’Elbe). Après la mort de Joséphine on lui propose même d’épouser Napoléon une seconde fois car leur union était considérée comme nulle mais elle refuse. Peu à peu elle ne répond plus aux lettres de Napoléon. Elle se considère maintenant comme une mère plutôt qu’une épouse, les intérêts de son fils passent avant ceux de l’empereur. Marie-Louise assumera jusqu’au bout son choix. A l’issue des Cent-Jours et de la défaite de Napoléon à Waterloo elle reste toujours fidèle à sa famille d’Habsbourg-Lorraine.

« Son attitude envers Napoléon ne doit pas être envisagée comme une trahison, mais plutôt comme un renoncement progressif, dicté par les circonstances politiques et l’évolution de son caractère. »

800px-NeippergLe reste de ma lecture fut passionnante car je ne connaissais rien de la vie de Marie-Louise après la chute de l’Empire. En Autriche il fallait un militaire attaché à la suite de Marie-Louise. Elle devait lors de ses voyages être accompagnée par un officier chargé de sa protection. C’était aussi un homme de confiance qui devait l’empêcher de rejoindre Napoléon à l’île d’Elbe. Cet homme c’est le général-comte de Neipperg, courtisan apprécié et diplomate reconnu. Elle tombe amoureuse de lui durant l’été 1814 et Neipperg devient l’amour de sa vie.

« Le général, alors âgé de 39 ans, portant de longs cheveux blonds, un uniforme de hussard et un bandeau noir sur son œil absent, lui fit sans doute, malgré sa réserve initiale, une forte impression. »

Le duché de Parme lui est accordé en 1815 alors qu’elle a 24 ans. C’était ce qu’elle espérait en se rapprochant de l’Autriche, obtenir un État presque indépendant avec l’espoir de voir son fils lui succéder un jour (mais elle n’obtient Parme qu’à titre viager).

« L’empereur, se souvenant avec nostalgie de sa seconde épouse dans son exil de Sainte-Hélène, la compara à plusieurs reprises à Joséphine, en soupirant : « En somme, je préférais Marie-Louise ».

472px-Maria_Luigia_dagherrotipoElle gouverne Parme toujours sous la surveillance de l’Autriche et y mène une politique éclairée et sociale. Elle met tout son cœur à administrer son petit État. Elle était aimée de son peuple qui l’appelait : « La bonne duchesse ». Après la mort de Napoléon elle se marie enfin avec Neipperg en 1821 et elle se marie pour la troisième fois en 1834 avec le comte Charles-René de Bombelles.  Elle affronte des épreuves en tant qu’épouse et mère. Elle doit cacher l’existence de ses enfants nés hors mariage, elle voit peu son premier fils qui est élevé par son grand-père. Elle subit la mort de Neipperg et celle de son fils aîné. Elle meurt en 1847 à l’âge de 56 ans (portrait photographique ci-contre pris l’année de sa mort).

« Son mariage avec Napoléon avait fait d’elle une femme à part, considérée avec méfiance par les autres dynasties européennes et détestée des admirateurs de l’empereur. Repoussée par tous les camps, elle supporte avec résignation et même avec le sourire de ne plus jamais être à sa place ni à Paris, ni à Parme, ni à Vienne. »

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Avec cette biographie on comprend mieux la personnalité et les choix de Marie-Louise dont le destin s’est imposé à elle. C’est une femme qui a tenté de tenir son rôle jusqu’au bout. J’ai beaucoup aimé découvrir sa vie grâce à Charles-Eloi Vial. Cette biographie est le fruit d’un travail remarquable. Écrire une biographie sur Marie-Louise n’est pas facile comme c’est expliqué dans l’introduction du livre car l’histoire de sa vie est éparpillée. Marie-Louise a entretenu une correspondance abondante et elle a écrit énormément de journaux intimes mais tous ces documents sont éparpillés aujourd’hui un peu partout dans le monde.

C’est une biographie passionnante que je vous recommande vivement ! La période du Premier Empire est complètement absente de mes lectures car je m’y intéresse peu mais cette biographie m’a réconciliée avec cette période. Charles-Eloi Vial a écrit un autre livre Les derniers feux de la monarchie (également publié aux éditions Perrin) que je souhaite lire maintenant.

L’auteur : Charles-Éloi Vial est archiviste paléographe, docteur en histoire de l’université Paris-Sorbonne. Il est conservateur à la Bibliothèque nationale de France, au département des Manuscrits.

Le livre : Marie-Louise de Charles-Éloi Vial. Éditions Perrin. Sortie le 18 mai 2017. 448 pages. 24 EUR. ISBN : 9782262064105

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8 réflexions sur “Marie-Louise d’Autriche, seconde épouse de Napoléon

  1. J’aime bien comment tu agrémentes ton article d’images et de peintures ^^ Un peu comme toi, je connais très peu l’Histoire sous l’empire de Napoléon Bonaparte et ça ne me ferait pas de mal de m’y plonger un peu. Est-ce que cette biographie est un peu romancée? Ou est ce que ça correspond davantage à un essai ??

    Aimé par 1 personne

  2. Merci pour la découverte de ce livre ! Je trouve que peu d’auteurs s’intéressent à Marie-Louise, c’est dommage… c’est vrai qu’elle ne jouit pas d’une très bonne réputation, la pauvre… j’avais pu lire une biographie de Geneviève Chastenet, il y’a quelques années, mais à part ce livre, rien… je n’ai rien retrouvé sur elle, alors je note ce livre-là. 😉

    Aimé par 1 personne

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